Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 18:55

Un peu d’Histoire sur l’humanisme

Chez les Romains, « humanitas » désigne toute chose élevant l'homme à une place à part des autres êtres vivants.

Durant le Moyen Age, on parle de humaniores litterae ou lettres humaines.


Elles représentent l'ensemble des connaissances profanes enseignées dans les facultés des arts, contrairement aux diviniores litterae ou lettres divines qui commentent
la Bible et qui sont le support de la religion chrétienne révélée par les facultés de théologie.


Les lettres humaines représenteront au XVIème siècle un enseignement constitué des principales disciplines issues de la tradition médiévale, complété des études sur les textes antiques. Ce complément est appelé par les écrivains de cette époque instauratio, restauratio, restitutio banarum litteratum.


D'autres l'appèlent reflorescentia, renascentia.

Et ceux qui s'intéressent à ces lettres humaines seront appelés humanistes.


Pour les humanistes, l'homme est placé au centre de toute question. S'appuyant sur la sagesse des auteurs antiques, ils souhaitent bâtir une société différente, désirant atteindre la perfection, que ce soit au niveau de la moralité ou des arts.

Ce changement s'opère à partir des écrits anciens et non avec comme support les écritures saintes, s'opposant de ce fait à la pensée scolastique du Moyen Age.

Les personnes motrices de ce bouillonnement sont Erasme, Juan Luis Vives, Guillaume Budé, Jacques Lefèvre d'Etaples, Lorenzo Valla, Ange Politien, Jean Pic de la Mirandole, Pétrus Ramus, León Battista Alberti, Marsile Ficin et la famille Estienne.


Ces humanistes souhaitent éduquer l'homme pour le grandir. Grâce aux progrès de l'imprimerie, les oeuvres d'Erasme, de Rabelais ou Montaigne peuvent être diffusées à des centaines d'exemplaires.


Cette référence aux écrits antiques s'accompagne de l'idée que la culture est le moteur de l'évolution de l'homme. Déjà pour les Romains l'humanitas s'oppose à la vertu qui met en avant les vertus "mâles" : courage et énergie. Ainsi les humanistes, en s'appuyant sur ces textes latins, établissent un idéal qui n'est ni la sainteté ni l'héroïsme militaire.

Les débuts de l'humanisme

Si traditionnellement les historiens font débuter ce mouvement avec Pétrarque et Boccace au XIVème siècle en Italie, nous pouvons considérer Protagoras, sophiste du Vème siècle avant Jésus-Christ comme le premier représentant de l'humanisme. En effet pour lui "l'homme est la mesure de toutes choses."


Mais revenons au XIVème siècle qui voit ce mouvement grandir de façon importante. Les Turcs envahissant Constantinople, nombre de Grecs s'enfuient pour se réfugier dans la péninsule italienne.


eux, ils apportent des manuscrits dans leur langue d'origine. Ainsi Coluccio Salutati (1331-1406) et Le Pogge (1380-1459) traduisent des oeuvres romaines, alors que d'autres, comme Guarino de Vérone (1374-1460), Francesco Filello (1396-1481) et Giovanni Aurispa (1376-1459) traduisent des ouvrages grecs antiques. La poésie latine est redécouverte grâce notamment à Lorenzo Valla (1407-1457). Pic de
la Mirandole fait partie des humanistes savants appréciés pour leur érudition.


Publie les neuf cent thèses, alimentant le débat entre philosophes et théologiens.


La diffusion de ces textes est favorisée par les progrès de l'imprimerie, mais aussi par le développement des villes et des universités, point de ralliement de nombreux humanistes.


De nouveaux métiers apparaissent, liés à l'enseignement, l'édition ou la réflexion sur la vie sociale. Des artistes s'inspirent de ces nouvelles idées, Ligorio peignant par exemple "l'Allégorie des Sciences"


princes italiens protègent les humanistes, ces derniers grandissant le prestige de leur protecteur. Les Médicis en sont une excellente illustration pour la ville de Florence. Ici, Pic de
la Mirandole, Bembo et Policien se regroupent sous l'égide de Ficin, sous la protection de Cosme de Médicis.


Grâce à l'encouragement des Médicis, Ficin traduit Platon et ses adeptes. Florence est la première ville à se voir dotée d'une académie, qui regroupe beaucoup d'humanistes.


Dès 1453, les Turcs lui donnent une impulsion. Cette académie s'oppose à la pensée d'Aristote introduite en Europe par Averroes et Avicenne entre autres, mettant en avant celle de Platon.

L'expansion de l'humanisme

L'humanisme se propage en premier lieu en Allemagne et en Hollande. En Allemagne c'est Johannes Reuchlin qui, ayant voyagé à Florence, favorise son introduction. Reuchlin s'oppose à l'empereur Maximilien 1er (ce dernier ne souhaitant pas des écrits hébraïques à part la Bible), affirmant que ces textes interdits sont partie prenante du patrimoine culturel de l'homme. Pour la Hollande,


Érasme qui en est le plus éminent représentant. L'Allemagne et
la Hollande connaissent une importante expansion de l'imprimerie, ont des foires aux livres et sont des terres favorisant les échanges culturels.


arrive en France par les terres papales d'Avignon. En effet, Pétrarque et Boccace y vivent. Il existe bien déjà un humanisme français depuis Charlemagne et également présent à l'école de Chartres au XIIème siècle.


Ce dernier est plus axé sur la morale et la vérité scientifique que ne le sera son équivalent transalpin. Développé par Gerson (1363-1429), Jean de Montreuil, Nicolas de Clémanges (1363-1437), Laurent de Premierfait, les frères Gontier et Pierre Col, Jacques de Nouvion et Jean Muret.


Des traductions de Tite-Live et d'Aristote sont déjà connues à
la Cour de Charles V. Mais ce sont surtout les guerres d'Italie et François Ier qui favorisent son développement dans notre pays. Ce dernier créé le collège des lecteurs royaux.


On y enseigne le grec, le latin et l'hébreu, cette dernière langue étant principalement enseignée par Jacques Lefèvre d'Étaples.


Dans notre pays, Etienne Dolet permet la diffusion d'une pensée inspirée de Platon, adaptée au christianisme.

Cette pensée influence les poètes de la Pléiade comme Ronsard ou du Bellay. Montaigne soutient que la raison permet à l'homme de se libérer des vérités toutes faites.

L'humanisme est également présent en Hongrie grâce au roi Mathias Corvin, en Pologne avec Jan Kochanowski (1530-1584), en Espagne avec le cardinal Cisneros (qui fonde une université trilingue à Alcalá de Henares) et Juan Luis Vives (1492-1540), en Hollande avec Erasme, Agricole et de Heek et en Angleterre plus tardivement avec John Colet (1467-1519) et Thomas More (1478-1535).


Ainsi vers 1530, ce mouvement touche toute l'Europe, l'unifiant dans un même idéal, cette pensée optimiste, croyant dans le progrès humain. Et dans cet élan, tout le monde s'y retrouve : religieux, artistes (Léonard de Vinci), lettrés (François Rabelais), philosophes (Bacon). Ce mouvement entraîne la création de nouvelles fonctions comme la géographie, la cosmologie, la philosophie politique et la pensée historique.


L'humanisme entraîne
la Réforme de l'église, notamment avec Erasme et son Eloge de la folie (1511) qui est introduite en Angleterre par William Grocyn (1446-1519) et Thomas Linacre (vers 1460-1524). L'humanisme implique la liberté et l'indépendance vis à vis de la religion. Il permet une libération des hommes et l'apparition d'une tolérance.

Les caractéristiques de l'humanisme

A partir de 1470, il se développe dans le domaine religieux. Il exprime le souci de réaliser une synthèse entre les écrits antiques et la tradition scolastique. Johannes Reuchlin (1455- 1522) remet au goût du jour l'hébreu et sa littérature. Guillaume Budé (1467-1540) étudie avec Erasme des écrits grecs et latins.


humanistes sont avant tout chrétiens. Aussi vont-ils christianiser certains écrits antiques comme le Banquet de Platon par Marsile Ficin. Le platonisme, largement véhiculé par Ficin, se répand notamment en France grâce à Jacques Lefèvre d'Etaples (v 1450-1537), Charles de Bouvelles (v 1480-1533) et Symphorien Champier (1472-v 1539). Dans ce platonisme, c'est l'étude de Dieu comme principe ou comme fin qui est au centre du débat.


1530 et la création du collège de France de François Ier, toujours avec Platon comme modèle de ceux qui recherchent un idéal, s'exprime un humanisme mené par les Français et qui exalte l'homme et ses qualités humaines.

Il attire plusieurs couches sociales comme les bourgeois, les parlementaires, les avocats ou les médecins. Il gagne la Province, touchant les villes de Bourges, Orléans, Poitiers, Toulouse et Lyon.


Etienne Dolet publie en 1540 un traité sur la manière de bien traduire d'une langue en autre, mettant en avant l'art de la traduction. Ainsi sont éditées en français les oeuvres de César, Cicéron, Juvénal, Perse et Salluste chez les Romains ; Appien, Diodore, Epictète, Euripide, Homère, Isocrate, Plutarque et Platon chez les Grecs.


Ce renouveau de la pensée et de la littérature, côtoyant une affirmation du pouvoir royal et la découverte du Nouveau Monde, ouvrant les portes d'un temps perçu comme celui de l'âge d'or. Cet optimisme envers l'homme s'exprime à travers Rabelais et son Pantagruel (1532) et Gargantua (1534). Marguerite de Navarre (1492-1549) souhaite concilier le platonisme des humanistes et la pensée d'Aristote de la théologie traditionnelle. Cela devient difficile et s'ensuit le mouvement de
la Réforme qui aboutira en France, hélas, aux guerres de religion.


Après 1547, au début du règne de Henri II, roi de France suite à la mort de François 1er, l'humanisme connaît un bel épanouissement. Cela est dû au travail de Henri II Estienne (1531-1598), d'Adrien Turnèbe (1512-1565) commentant Cicéron ou Denis Lambin (1516-1572) qui est lecteur royal.


Vont naître en même temps nombre de poètes, avec notamment ceux qui constituent le groupe appelé Pléiades. En effet, avant
1547, l'humanisme s'exprime en prose, exceptée la poésie de Clément Marot. Dès 1547, avec Ronsard et du Bellay encore à leur début, la poésie commence à devenir un genre majeur. Ainsi dans l'étude des écritures antiques vont être mises à jour la sensibilité et l'imagination des poètes grecs et latins.


poètes humanistes privilégient le génie individuel aboutissant au développement de la personnalité. Citons alors les oeuvres de Peletier (Uranie en 1555), Ronsard (Hymnes en 1555-1556) ou du Bellay (Antiquités de Rome en 1558).


L'humanisme connaît une mutation en
1560. L'affaire des Placards en 1534, le massacre des Vaudois en 1545 ou les guerres de religion sonnent la fin de l'humanisme optimiste. Simon Goulart s'intéresse à l'œuvre de Sénèque en 1555 qu'il traduit entièrement. Nombre de traités traduits permettent, dans ces années de trouble, de trouver réconfort et résignation. Alexandre le Blancq traduit la Consolation à Appollonius de Plutarque en 1571, Robert Garnier puise ses idées dans la traduction de Sénèque. Au début du XVIIème siècle, cet humanisme est à la source de l'inspiration de J.P Camus et Pierre Corneille. Il imprègne la première moitié du siècle.


A côté du platonisme naît le concept de l'épicurisme qui n'arrive cependant pas à imposer les idées de retraite et de repli sur soi. Plutarque est l'auteur préféré durant ces années-là, surtout à travers les traductions de Jacques Amyot (1513-1593).


L'humanisme devient politique. Cela se reflète dans les Discours de Ronsard (1562) ou dans les oeuvres de Michel de l'Hopital (1505-1573) qui dénonce la guerre civile. Les idées de Machiavel sont mises à mal dans les Discours de la servitude volontaire de
la Boétie, dans les textes de François de la Noue (1531-1591), Innocent Gentillet et Jean Bodin (1530-1596).


Avec Montaigne (1533-1592), l'humanisme se transforme. S'il puise également son inspiration dans les écrits anciens, il ne place pas l'homme au-dessus de toute création comme le faisaient les humanistes de Pétrarque à Rabelais. Avec lui, l'humanisme s'humanise.


Mais l'expansion de ce mouvement humaniste rencontre des résistances. Celle-ci s'exprime chez les nobles, dans les universités liées à la théologie, parmi les mondains.

Les nobles méprisent cette nouvelle culture. Ceux qui enseignent les langues anciennes sont désignés de façon plutôt péjorative. Heureusement, ils bénéficient de la protection des princes pour s'imposer. Les universités où est enseignée la théologie voient d'un mauvais oeil cet esprit d'analyse qui critique la religion et qui remet en cause les écrits traditionnels dans les traductions des textes grecs.

Quant aux mondains, ces derniers ne souhaitent pas trop s'investir intellectuellement et ignorent donc ce mouvement.

Les influences de l'humanisme

L'humanisme influence pleinement la vie du XVIème siècle car ceux qui le revendiquent ne sont pas des personnes déconnectées du réel. Très épris d'histoire, ils souhaitent mieux armer l'homme pour répondre aux problèmes de la vie.


Dans l'humanisme, les sciences ne sont pas incluses et leur évolution se fait en marge de ce mouvement. Ainsi Bernard Palissy (v 1510-v 1590) ou Ambroise Paré (v 1509-1590) n'accordent pas cette importance aux auteurs antiques. Ils préfèrent se baser sur l'expérience et la pratique.


Cependant certains écrits comme ceux d'Archimède sont étudiés, notamment par Copernic. Celui-ci pense que l'expérience passée est nécessaire aux découvertes à venir.

Dans le domaine religieux, l'humanisme reste dans un premier temps fidèle à la foi. Peu d'humanistes intègrent le mouvement de la Réforme. Ils ne veulent pas céder à l'idée de Néant pour l'homme, soutenue par Sextus deux cents ans avant Jésus-Christ, et qui renaît à la fin du XVIème siècle.

Par exemple, pour Montaigne, l'humanisme n'implique pas la croyance, mais il ne l'exclut pas non plus.


L'humanisme affecte également la vie politique. Le Prince est la personne centrale de l'ordre étatique. Les humanistes lui rappellent ses devoirs envers Dieu, ses sujets et lui-même.

Ils appellent le peuple à participer plus à la vie civique. Les humanistes mettent en avant l'idée d'un sentiment national.

Des historiens tels qu'Etienne Pasquier (1529-1615) et Claude Fauchet (1530-1602) travaillent sur l'origine du peuple français.


Ce mouvement modifie également le discours amoureux en le rendant plus mystique, et intervient dans le domaine de l'éducation où les humanistes souhaitent inculquer aux enfants les bases du savoir et du savoir-vivre pour les rendre plus humains en grandissant.

Concernant la littérature, l'humanisme met en avant des thèmes tels que la nature, la vertu, la gloire et l'amour. Il fait naître le genre du dialogue et la tragédie française avec la Cléopâtre captive de Jodelle (1532-1573).

L'évolution de l'humanisme jusqu'au XXIème siècle

L'humanisme, né pendant la Renaissance, continue de s'exprimer, à travers Kant par exemple. Au XVIIIème siècle, les penseurs des Lumières affirment que l'humanité de l'homme est universelle en chacun d'entre eux, quelque soient ses différences (origine, milieu) ou ses particularismes (nationaux, ethniques).


vision est attaquée au XIXème siècle car jugée abstraite. Et à cette époque, la nation désigne la seule réalité. D'où il est affirmé que chaque homme fait partie d'une humanité particulière.


Au XXème siècle, les représentants du nationalisme et du fascisme reprennent cette idée de "esprit du peuple" ou "issu d'une terre". Mais là nous atteignons l'anti-humanisme.

Aussi l'humanisme moderne, issu des Lumières, s'exprime dans la nécessité de s'émanciper et non dans l'idée d'enracinement ou de fidélité, concepts horriblement exploités.

Après la seconde guerre mondiale, l'humanisme s'exprime à travers le mouvement existentialiste. Par la suite, parler d'humanisme revient à savoir conserver une vision de l'homme, libre et autonome, sans l'enfermer dans son appartenance (ethnie, religion) ou le limiter à son inconscient ou d'en faire le produit de facteurs socio-économiques.


L'humanisme, né au XVIème siècle, est toujours un concept d'actualité.
La Renaissance et notre époque contemporaine ont sûrement des points communs, mais cela sera peut être l'occasion d'un autre débat.

non  nobis

Par non.nobis - Communauté : ésotérisme en partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 18:27

 

Situation avant 1305

Les rumeurs

Le procès

La fin des templiers

 

 

L'une des deux grandes accusations stipulées contre les Templiers étant la Goétie, c'est-à-dire la Magie Noire, l'histoire de leur procès doit être résumée ici.

 

Le Florentin Villani, qui écrivit au XIVè siècle, raconte une scène lugubre et singulière :


c'est la nuit, dans la forêt de Saint Jean-d'Angély, dans une clairière où un autel a été hâtivement dressé ; deux hommes se rencontrent : le Roi de France, Philippe le Bel, l'archevêque de Bordeaux, Bertrand de Goth. Philippe offre à Bertrand sa protection pour lui faire obtenir la tiare pontificale, mais le futur pape doit, par serment prononcé sur l'autel, souscrire à six conditions formelles. La sixième de ces conditions reste secrète, le roi ne la formule pas à ce moment-là ; elle est redoutable : elle engage Bertrand à poursuivre la destruction de l'ordre militaire et religieux des Templiers.


Ce récit du Florentin, démenti par divers historiens, n'offre pas toute garantie de véridicité. L'entrevue nocturne et mystérieuse n'appartient peut-être qu'à la légende. Il semble certain toutefois que des conditions furent posées, discutées, acceptées.

 

La puissance des Templiers était alors formidable. Leur Ordre, fondé près de deux siècles avant par Hugues de Payns, avait eu primitivement pour but la défense du Saint Sépulcre et la protection des pèlerins. Le roi Baudouin leur ayant donné une maison bâtie aux lieux où s'était élevé, croyait-on, le temple de Salomon, ils avaient pris le nom de Templiers et toute maison de leur Ordre s'était appelé Temple.


Depuis lors, l'Ordre s'était extraordinairement développé. Ses moines guerriers avaient, en Orient, formé l'avant-garde des armées chrétiennes ; ils avaient reçu en récompense de nombreuses donations; ils avaient, en Occident, acquis des biens immenses et s'étaient faits les banquiers des rois et des princes.

 

Au début du XIVè siècle, leurs richesses, qu'ils ne dépensaient plus en armements contre les infidèles, étaient prodigieuses et leur force militaire l'égalait. Ils étaient en Europe quinze mille cinq cents chevaliers auxquels commandait le Grand Maître, et qu'entouraient en multitude les écuyers et les frères lais, c'est-à-dire les soldats.


Ceux qu'on appelait à l'origine les Pauvres de la Sainte Cité possédaient dans toute la chrétienté plus de dix mille manoirs, nombre de forteresses, dont celle du Temple à Paris.


Dans le trésor de l'Ordre il y avait cent cinquante mille florins d'or, en ne comptant ni l'argent ni les vases précieux.

 

Ces richesses, ce pouvoir presque illimité, l'orgueil des chevaliers, l'inconduite scandaleuse de certains frères lais avaient suscité l'envie et la malveillance. Les Templiers étaient redoutés et détestés. On les accusait de pactiser en Orient avec les Sarrasins.


Des légendes sinistres couraient sur les criminels mystères qui avaient lieu dans le secret de leurs Maisons, où nul autre qu'eux n'entrait jamais.
On les accusait - eux qui ouvertement, s'engageaient à combattre jusqu'à la mort pour le tombeau du Christ - de se livrer à des cérémonies cultuelles bizarres, maléfiques, démoniaques, au cours desquelles ils reniaient Dieu et pratiquaient la magie noire en même temps qu'ils se livraient entre eux à des débauches contre nature et à des impuretés abominables.

 

Hérétiques plus détestables que les Cathares manichéens si impitoyablement châtiés le siècle précédent, ils avaient une doctrine secrète. des pratiques secrètes qu'ils ne pouvaient, sous peine de mort, divulguer aux profanes. Des chevaliers, ayant menacé l'Ordre de révélations publiques, avaient, prétendait-on, disparus mystérieusement.

 

Quelles révélations ? Des renseignements, qui révoltaient le peuple en ces temps d'universelle foi, étaient chuchotés sur les rites étranges et sacrilèges qui s'accomplissaient dans les Commanderies si rigoureusement fermées aux profanes.


« On disait, écrit jules Garinet dans son Histoire de la Magie, qu'à la réception dans l'Ordre on conduisait le récipiendaire dans une chambre obscure où il reniait Jésus-Christ en crachant trois fois sur le crucifix ; que celui qui était reçu baisait celui qui le recevait à la bouche, ensuite in fine spinae dorsi et in virga virili ; que les Templiers dans leurs chapitres généraux adoraient une tête de bois doré, qui avait une longue barbe, des moustaches touffues et pendantes ; à la place des yeux brillaient deux grosses escarboucles étincelantes cornme du feu... »


Cette idole s'appelait le « Baphomet ».

 

Henri Martin, à ce sujet, dit :


« Chaque chapitre en possédait une image : c'était une tête humaine à longue barbe blanche, ayant en la place des yeux escarboucles reluisantes comme la clarté du ciel, avec un crâne humain et une peau humaine ; certaines de ces idoles les étaient à trois faces et montées sur quatre pieds ; on en avait saisi une au Temple de Paris.»


A ces accusations, d'autres s'ajoutaient : les moines-guerriers évoquaient les démons, ils se livraient aux plus sinistres pratiques de la sorcellerie, ils avaient fait pacte avec le diable pour augmenter leurs richesses et pour satisfaire les ambitions illimitées que le public leur prêtait ... enfin ils s'adonnaient aux plus infâmes débauches : leur serment secret contraignait les Chevaliers à la sodomie.

 

 

 

Ces accusations se précisèrent en dénonciations formelles faites, notamment, par deux Templiers apostats. Philippe le Bel, conseillé par le fanatique Guillaume de Nogaret, put enfin agir. Il en attendait le moment depuis 1305, date où Bertrand de Goth, sous le nom de Clément V était devenu pape. C'est le 14 septembre 1307, que tous les sénéchaux et baillis du royaume reçurent l'avis de se tenir prêts et en armes pour le 12 octobre On leur fit tenir en même temps des lettres closes qu'ils ne devaient, sous peine de mort, ouvrir que dans la nuit du 12 au 13 octobre.

Au matin de ce jour, dans toute la France, les Templiers sont arrêtés, notamment Jacques de Molay, Grand Maître de l'Ordre depuis 1298, et qui était venu en France pour conférer avec Clément V de la situation du Temple. Nulle part, les Templiers surpris, ne purent résister. Cent quarante chevaliers sont emprisonnés à Paris. Ils sont accusés d'hérésie, de magie noire, d'autres crimes encore.

 

Les interrogatoires sont dirigés par les inquisiteurs assistés de commissaires royaux. Contre les accusés on procède avec une rigueur impitoyable. Pour obtenir les aveux indispensables on multiplie les plus affreuses tortures... Et quantité d'entre eux avouent ; de grands dignitaires reconnaissent avoir renié le Christ ; Jacques de Molay avoue avoir craché sur le crucifix ; en Languedoc, trois commandeurs, à la torture, avouent avoir assisté à un chapitre de l'Ordre tenu à Montpellier, la nuit suivant l'usage, une « tête » avait été exposée et le diable était venu sous la figure d'un chat, qui parlait avec bienveillance aux assistants et qu'on avait adoré , ensuite, plusieurs démons avaient paru sous forme de femmes, et chaque frère avait eu la sienne mais les rapports n'avaient pas été normaux...

 

Ces aveux, nombre de Templiers les rétractèrent par la suite.

Cependant, les biens des Templiers avaient partout été saisis. Philippe le Bel négociait avec Clément V, et pour avoir l'appui de la nation, il convoqua les Etats Généraux qui, assemblés à Tours en 1308, prirent connaissance des accusations, des aveux, et déclarèrent les chevaliers dignes de mort. Clément V, au Concile de Vienne, prononça la dissolution de l'Ordre dans toute la chrétienté.

 

En France, partout, les procès avaient traîné en longueur dans des alternatives d'aveux et de rétractations. Le jugement définitif est ordonné enfin. Cinq cent soixante-six chevaliers sont jugés, divisés en quatre catégories selon qu'ils sont estimés plus ou moins coupables. Ceux de la quatrième catégorie, « relaps » sont livrés au bras séculier, c'est-à-dire au bûcher.

 

L'on ne sait au juste le nombre des exécutions qui eurent lieu en province. A Paris, la première exécution eut lieu au mois de mai 1311. Un bûcher fut dressé hors les murs, près de SaintAntoine (dans les environs de ce qui est à présent Vincennes). Le condamné fut lié au poteau fatal, qu'entourait un bûcher de paille, de fagots et de bûches. Le bourreau mit le feu... On avait voulu faire un exemple pour réduire les autres chevaliers qui avaient rétracté leurs aveux.

 

 

Ils maintinrent leurs rétractations, et quelques jours après, au nombre de cinquante-quatre, ils furent conduits sur le même emplacement et liés chacun à un poteau. Ils furent brûlés à "petit feu", c'est-à-dire que le feu leur brûlant d'abord les pieds et les jambes, pour que la mort soit plus lente à survenir et plus atroce.

 

Au milieu des souffrances, ils ne cessaient de prendre le ciel à témoin qu'ils étaient innocents...

 

Quinze autres exécutions suivirent.

 

Jacques de Molay, avec ses grands prieurs, était toujours en prison. Ayant rétracté les aveux que leur avaient arraché les supplices, Jacques de Molay et le « Prince Dauphin » sont déclarés, par Philippe le Bel, relaps. Et le même jour, 11 mars 1314, ils montent sur un bûcher dressé dans l'île de la Cité, à l'endroit même où se trouve aujourd'hui sur le terre-plein du Pont Neuf, la statue de Henri IV.

 
On raconta que le Grand Maître, en ce moment suprême, assigna le roi et le pape à comparaître dans l'année devant le tribunal de Dieu. Le fait est que Philippe et Clément moururent avant la fin de 1314. Mais peut-être l' « assignation » de Molay ne fut-elle imaginée que plus tard, à cause, précisément, de ces morts rapides.

 

Il faut ajouter qu'une autre tradition veut que, dans la nuit qui suivit l'exécution du Grand Maître, sept Templiers déguisés en maçons, se glissèrent jusqu'au bûcher et recueillirent pieusement les cendres du supplicié. Ce serait, selon certains initiés. l'origine de l'ordre des Francs-Maçons.

 

Mentionnons encore que de sombres récits coururent sur la fin tragique des deux chevaliers qui avaient dénoncé l'Ordre du Temple. L'un fut pendu par arrêt de justice, l'autre fut trouvé égorgé... Non moins lugubre fut la fin de deux dignitaires qui, compagnons du Grand Maître pendant sa captivité, avaient «déshonoré le Temple » en persistant dans les aveux que la torture leur avait arrachés, et qui leur donnaient la vie sauve.

 

Un grand mystère enveloppa, tant qu'ils vécurent, les Templiers, leur vrai caractère et leur vraie croyance... Un même mystère enveloppa leur mémoire et l'écrivain occultiste, Eliphas Lévy, résume les légendes qui à leur sujet, coururent, en s'écriant non sans quelque redondance :

" En brisant l'épée des Templiers on en avait fait des poignards et leurs truelles proscrites ne maçonnaient plus que des tombeaux... "
Ce qui signifie que nombre de sociétés secrètes qui s'établirent en France ou ailleurs, jusqu'à la Révolution, prirent racine dans les ruines de l'Ordre du Temple.


non nobis 

Par non.nobis - Communauté : ésotérisme en partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 18:21

13 octobre 1307

Arrestation des Templiers

 

Au matin du vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés sur ordre du roi Philippe IV le Bel (le petit-fils de Saint Louis).

 

 

Un ordre contesté

 

L'ordre du Temple est né en Terre sainte, en 1119, après la première croisade, à l'initiative du chevalier champenois Hugues de Payns qui voulait protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem. Il a été officialisé par le concile de Troyes, neuf ans plus tard, à l'initiative de Saint Bernard de Clairvaux.

 

Le prestige des moines-chevaliers au manteau blanc frappé d'une croix rouge est immense pendant les deux siècles que durent les croisades... malgré la trahison ignominieuse du grand maître Gérard de Ridefort à la bataille de Hattîn, en 1187.

 

Mais après l'échec de la huitième et dernière croisade, qui s'achève par la mort tragique du roi Saint Louis devant Tunis en 1270, les dernières possessions franques de Terre sainte tombent définitivement entre les mains des musulmans : ceux-ci s'emparent de Saint-Jean-d'Acre le 28 mai 1291 malgré la résistance héroïque des Templiers autour du grand maître Guillaume de Beaujeu.

 

Au début du XIIIe siècle, l'ordre du Temple, chassé de Palestine, n'en dispose pas moins encore d'une force militaire impressionnante de quinze mille hommes, bien plus que n'aurait pu en lever n'importe quel roi de la chrétienté. Mais, de soldats, les Templiers se sont reconvertis en usuriers et ont complètement perdu de vue la reconquête des Lieux saints !

 

C'est que de considérables donations ont rendu l'ordre immensément riche et l'ont transformé en l'une des principales institutions financières occidentales... et la seule qui soit sûre. Il gère ainsi, en véritable banquier, les biens de l'Église et ceux des rois d'Occident (Philippe le Bel, Jean sans Terre, Henri III, Jaime Ier d'Aragon,...)

 

Dès lors, l'opinion européenne commence à s'interroger sur la légitimité du Temple. Le roi Philippe le Bel lui-même a souvenance que les Templiers avaient refusé de contribuer à la rançon de Saint Louis lorsqu'il avait été fait prisonnier au cours de la septième croisade !

 

 

 

 

Relancer la croisade

 

Suivant une idée déjà ancienne, évoquée par Saint Louis et les papes Grégoire X, Nicolas IV et Boniface VIII, Philippe le Bel souhaite la fusion de l'ordre du Temple avec celui, concurrent, des Hospitaliers afin de constituer une force suffisante pour préparer une nouvelle croisade à laquelle le roi de France et le pape sont très attachés.

 

L'affaire est mise à l'ordre du jour de plusieurs conciles et l'on élabore même un projet dans lequel Louis de Navarre aurait été grand maître du nouvel ordre. Son dramatique échec résulte de l'entêtement et de l'étroitesse d'esprit du grand maître Jacques de Molay ainsi que de l'agressivité du ministre du roi, Guillaume de Nogaret.

 

Durant l'été 1306, Jacques de Molay donne à Clément V son opinion sur le projet de fusion. Le pape en reste pantois. L'argumentaire du grand maître n'a qu'un seul but, non avoué : garder une place qui risque de lui échapper.

 

Guillaume de Villaret, le grand maître des Hospitaliers, n'a pas présenté son point de vue car il n'a pu se rendre à la convocation.

 

Le drame

 

Tous les Templiers de France sont donc arrêtés par les sénéchaux et les baillis du royaume au terme d'une opération de police conduite dans le secret absolu par Guillaume de Nogaret. Ils sont interrogés sous la torture par les commissaires royaux avant d'être remis aux inquisiteurs dominicains.

 

Avouer ou mourir

A Paris, 138 Templiers sont soumis à l'interrogatoire musclé des inquisiteurs, formés pour faire avouer les plus récalcitrants. Torture morale, affaiblissement physique, menaces... Les prisonniers sont poussés jusqu'à des états d'hystérie et d'épuisement. Après un régime au pain et à l'eau et une cure sans sommeil, les Templiers ne résistent pas longtemps : écartelés, brûlés, emasculés ou pendus par les membres, 134 Templiers avouent leur crime, 4 seulement résistent et 25 finiront par succomber à la torture

 

 

Parmi les 138 Templiers de Paris, 54 sont brûlés après avoir avoué pratiquer la sodomie ou commis des crimes extravagants comme de cracher sur la croix ou de pratiquer des «baisers impudiques». L'opinion publique et le roi lui-même y voient la confirmation de leurs terribles soupçons sur l'impiété des Templiers et leur connivence avec les forces du Mal.

 

Le roi obtient du pape Clément V la suppression de l'ordre, au concile de Vienne, en 1312. Elle est officialisée le 3 avril 1312 par la bulle  «Vox in excelso», bien qu'il soit tout à fait exceptionnel qu'un ordre religieux soit purement et simplement dissous.

 

Le 3 mai 1312, le pape affecte le trésor des Templiers à l'ordre concurrent des Hospitaliers, à l'exception de la part ibérique qui revient aux ordres militaires locaux. Le roi de France et ses conseillers plaident en faveur de cette solution respectueuse de la volonté des nombreux bienfaiteurs du Temple.

 

En 1313, sur la base de documents comptables, l'ordre de l'Hôpital restitue 200.000 livres au trésor royal pour solde de tout compte. Le successeur de Philippe, Louis X,  réclamera toutefois un supplément, estimant que son père a été floué. L'affaire est close en 1317, quand le nouveau roi Philippe V reçoit 50.000 livres supplémentaires.

 

Avec l'affaire du Temple, la monarchie capétienne montre qu'elle entend suivre son intérêt politique et ne plus se comporter en vassale de l'Église.

La malédiction du grand maître

 

Au terme d'un procès inique, le grand maître des Templiers, Jacques de Molay, est lui-même brûlé vif à la pointe de l'île de la Cité le 19 mars 1314. Une plaque rappelle le triste sort de cet homme sans envergure qui ne sut pas réformer son ordre quand il en était temps et le laissa disparaître sans réagir.

 

Une légende reprise par Maurice Druon dans son célèbre roman-fleuve Les rois maudits veut qu'à l'instant de succomber dans les flammes, Jacques de Molay ait lancé une malédiction à l'adresse du roi et du pape, les invitant à le rejoindre dans la mort avant la fin de l'année. Or, c'est pourtant ainsi que les choses vont se passer !

Par non.nobis - Communauté : ésotérisme en partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 15:45

On entend par catastrophes humaines celles qui ont pour origine la main de l'homme mais aussi les maladies. Il s'agit de massacres, d'épidémies, d'empoisonnements, de révolutions, de famines, de persécutions et de guerres dont le terrorisme fait partie. On en exclue volontairement la troisième guerre mondiale, qui fait l'objet d'une contrée à part, et les grands massacres du 20ème siècle investigués en histoire depuis 1555.

Massacres

Les gladiateurs reviendront et des hécatombes seront organisées dans les arènes publiques en guise de spectacle. Toulouse obtiendra sa renommée et une aura internationale pour la qualité et la quantité de ses jeux. Un jour, cependant, la destinée le lui rendra par un événement sans égal préalable qui provoquera au colisée de s'effrondrer, causant d'inombrables victimes et un traumatisme durable pour la ville rose.

Terrorisme

On trouve la trace d'une émergence du terrorisme dans les Centuries. Et il semble qu'un parallèle doive être fait entre les barbares qui ont causé la chute de la Rome antique et nos terroristes qui massacrent par surprise au coeur des grandes villes. Barbare comporte encore de nos jours les connotations d'ignare inculte, de brute épaisse et de menace à l'encontre de la culture dominante supposée en avance sur le reste du monde. Il n'en est pas autrement dans les Centuries.

Le terrorisme dominant n'en est pas moins celui des états qui imposent la volonté de quelques privilégiés initialement issus des rangs barbares puis élevés au dessus d'eux. Ils ont recours au mensonge, à la manipulation de l'information et à la force pour maintenir les populations asservies dans un état d'ignorance plaisante et d'abrutissement.

Un grand monarque autoritaire viendra imposer son dictat en France. Il s'agit sans doute de la résurgence du pétainisme dont Jacques Chirac a posé les jalons lorsqu'il a pris le parti du plus grand dictateur de la planète, son ami de longue date Saddam Hussein.

Révolutions

Le remplacement de la royauté par la république et les persécutions de l'église sont exposés en même temps que la perte des valeurs religieuses.

Et ce n'est pas fini.

"Les siècles feront si opposite change vis à vis du présent qu'il ne serait pas supportable aux grands et aux puissants (ceux qui ont quelque chose à y perdre) de l'entendre", nous explique Nostradamus dans la Lettre à César.

Une révolution s'apprête et une période de décadence précède la fin de l'ère des nations. On retrouve ce thème dans le nouvel évangile lorsqu'il est question des grandes tribulations qui précèdent "la fin du temps des nations".

Empoisonnements

Nombre de quatrains concernent des empoisonnements. Ils furent le sport favori des gouvernants durant toute l'histoire et en particulier ceux de Rome. Très pratique, un empoisonnement s'est longtemps confondu avec une intoxication alimentaire.

Cette époque n'est pas révolue. On peut désormais attendre des empoisonnements de masse par le moyen des sources d'eau potable, les radiations nucléaires, la contamination de l'air en milieu confiné comme les métros et les centres commerciaux, la propagation de maladies inconnues jusqu'alors... L'homme ne maîtrise ni les tenants, ni les aboutissants de son évolution.

Épidémies et maladies

La peste décima 50% de la population européenne durant la guerre de Cent ans. De nouveaux fléaux liés à la promiscuité de notre civilisation vont apparaître. "Peste, faim, mort ..." répète sans cesse Nostradamus, comme pour nous avertir des conséquences de nos choix et de nos actes. Mais qui l'entendra ?

Non nobis

Par non.nobis - Communauté : ésotérisme en partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 06:53

 

« …bonne ou mauvaise fortune touche aussi bien les gens honnêtes que les félons. ..» (Spinoza)


Le karma est une loi spirituelle, tirée de l'hindouisme, qui affirme que tout acte, grand ou petit, va éventuellement revenir affecter son auteur avec la même force que celle de I’ action initiale. Le bien viendra récompenser le bien, le mal sera rendu pour le mal. Comme les hindous croient à la réincarnation, le karma transcende les limites de la naissance et de la mort. S'il vous arrive de bonnes ou de mauvaises choses, c'est que vous avez fait quelque chose pour le mériter, dans cette vie-ci ou dans une vie antérieure.

On dit souvent que le karma est « une loi morale de cause et d'effet ». Cette loi incite à faire le bien et à éviter le mal, tout en fournissant une explication des maux et bienfaits pouvant toucher une personne.


D'une certaine façon, le karma sert à expliquer pourquoi de bonnes choses arrivent à de vilaines gens, alors que des malheurs frappent du monde bien honnête. Les injustices qu'il y a dans le monde, la répartition apparemment arbitraire du bonheur et du malheur ne sont qu'une apparence. En réalité, tout un chacun reçoit ce qu'il mérite. Même l'enfant battu par des parents drogués mérite son malheur. Le malade mental, le retardé, les homosexuels et les millions de Juifs tués par les Nazis ont mérité leur sort, à cause du mal qu'ils ont dû faire par le passé. L'esclave que l'on bat à mort ou presque, l'a mérité, sinon pour ce qu'il a fait aujourd'hui, du moins pour ce qu'il a fait dans d'autres vies. Même chose pour la victime d'un viol. Elle cueille ce qu'elle a semé. Toute souffrance a été méritée, selon la loi du karma.


Quoique la notion de karma reste une croyance métaphysique non confirmée par les faits, elle a gagné en popularité dans bien des endroits du monde occidental, ou elle s'est cependant coupée de ses racines hindoues. Par exemple, les théosophes croyaient au karma et à la réincarnation. Même chose pour
James Van Praagh, qui prétend être un lien médiumnique avec des milliards de personnes décédées depuis des siècles :


Supposons qu'un individu tue quelqu'un… à un guichet automatique… De deux choses l'une. On peut penser que l'auteur du crime a agi librement. Ou encore, et même si ça semble bizarre, le geste a pu résulter d'une situation karmique dans laquelle la victime a dû payer une vieille dette pour avoir tué l'autre, l'assassin, dans une vie antérieure.


Van Praagh laisse voir clairement qu'il pense que c'est le karma, et non une libre décision, qui mène les gens à se tuer les uns les autres. S'il a raison, nous pourrions aussi bien renoncer à nos systèmes de morale et de justice criminelle. II n'y aurait plus ni victime ni criminel, et tous ne feraient que vivre leur karma. Personne ne serait responsable de ses actes. Nous ne serions que des pions karmiques en train de valser sur leur destinée.


Pourquoi se pavaner avec un principe amoral comme le karma, comme s'il servait à expliquer la justice ultime d'un univers indifférent? Pour la raison, dit Van Praagh, que « nous sommes sur terre pour apprendre des choses. C'est notre école, ici. Nous devons apprendre des leçons pour arriver à grandir. » Selon Van Praagh, la vie sur terre est en fait une vie au purgatoire. Nous sommes ici pour racheter nos péchés, pour évoluer spirituellement, pour épuiser du karma négatif. Ce sont les mêmes faibles arguments que l'on fournit pour expliquer l'existence du mal dans un monde qui est censé avoir été fait par un Dieu tout-puissant et infiniment bon. La conception du karma de Van Praagh n'est pas de nature à être acceptée par les hindous et les bouddhistes. Ces gens diraient que la personne qui fait le mal agit en toute liberté, et que, lorsqu'un être subit du malheur, cela est causé par du mal qu'il a fait par le passé.


Tel que conçu par Van Praagh, le karma fait paraître la vie humaine bien insignifiante. Le simple fonctionnement d'une « loi » spirituelle cosrnique servirait à réduire les humains à l'état de créatures déshumanisées, vidées de toute moralité, de toute responsabilité, à l'état de simples causes et effets dans un système dépourvu de sens. Le karma interdit de croire que le mal qui fond sur nous puisse être non mérité. Pas d'innocence possible.


Le karma est une loi pour des hommes-moutons. Pas étonnant que les bergers l'adoptent volontiers. C'est une règIe de vie pour les gens passifs, pour ceux qui ne vont pas bousculer le statu quo, qui acceptent tous les maux comme étant
naturels et inévitables C'est une rêgIe pour des esclaves, une loi pour des vaincus.


Les chrétiens se sont déjà demandé si Adam et ève avaient un nombril. Les hindous, eux, se demandent si les premiers hommes avaient un karma.

non nobis

Par non.nobis - Communauté : ésotérisme en partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Texte Libre

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés